2 mai 2010 - Un pont entre passé et présent

Cette année, pour la cérémonie, 2 personnes jettent un pont entre passé et présent : Colette Marciquet, fille de  Marcel Baud, fusillé dans cette clairière et Anne Louise Grimaud-Nicoleau,jeune lauréate de 18 ans du concours de la Résistance.

Colette Baud-Marciquet a évoqué avec beaucoup d'émotion, l'histoire de son père et sa vie de petite-fille après son exécution. Elle nous a lu la dernière lettre de Marcel Baud à sa famille. 

Moment d'intense émotion.

Intervention de Anne-Louise Grimaud-Nicoleau

l y a encore quelques années, nous n’évoquions pas ou peu cette période sombre de l’histoire ; peut-être pour éviter d’aborder les cruautés engendrées par les nazis ? Certains survivants ont disparu, emportant avec eux ces douloureuses années. Mais, parmi eux, certains ont ressenti le besoin de témoigner, par Devoir, afin de ne pas oublier leurs camarades ayant offert leurs vies à leur pays, mais également pour que cette Mémoire se perpétue.

 

J’ai entendu depuis ma petite enfance des anecdotes concernant cette période par des membres proches. Certains, bien que jeunes, ont intégré le maquis, d’autres m’on raconté leurs souvenirs d’enfant : les privations, les alertes aux bombardements, les couvre-feux … Une de mes institutrice d’origine polonaise nous racontait aussi le désespoir de sa famille en 1940, lorsque ces derniers ont du fuir le nazisme pour ensuite se réfugier en Charente.

Avec le temps, certains passages sombrent dans l’oubli : qui se souvient du « gourbi »des bois de Fougères sur la commune de Cherves-Châtelard : creusé à même le flanc du coteau dans le bois du même nom. Jusqu’à vingt maquisards y sont passés et y ont vécu de début août jusqu’au vingt novembre 1943. Et puis ces drames comme celui de Négret et la grange d’Andourchapt le 22 mars 1944 et les tragiques conséquences qui y ont suivi. Qui se souvient ? Seulement les survivants qui se font hélas de plus en plus rares et quelques uns qui ont essayé de transmettre, mais tout ceci s’estompe…

      A la fin de la guerre, ces jeunes héros dont la jeunesse avait été brisée par les contraintes de l’occupant croyaient les souffrances de chacun terminées. Mais, reviennent les premiers prisonniers de guerre et les déportés du travail. C’est à ce moment-là que l’on apprend l’existence et l’horreur dans les camps de la mort et les massacres nazis.

  Peut-être la langue française ne contenait-elle pas de mots suffisants pour exprimer le sentiment d’horreur qui s’empara de tous ces gens, devant l’ampleur d’une telle découverte, devant ces monceaux de cadavres décharnés, ces fosses communes, ces chambres à gaz, ces fours énormes où l’on brûlait des milliers de cadavres par jour pour en faire des engrais, ces expériences monstrueuses sur des êtres humains. Comment cela avait-il été possible ? Aujourd’hui encore, lorsque l’on entend ces mots, il est difficile de s’imaginer et, c’est ce qui doit pourtant nous inciter à continuer. Car, aujourd’hui, nous devons lutter chaque jour, pour des causes humaines et en particulier contre le racisme. Malgré tous les douloureux exemples marqués dans l’Histoire, celui-ci est toujours d’actualité et c’est en parti notre combat en ce moment.

 

« (…) Toujours prêts nous n’avons qu’un cri : Victoire, Liberté, Justice ; Toujours prêts et toujours unis (…) », cet extrait du chant du maquis de Bir Hacheim prouve aux nouvelles générations que l’union et l’entraide ont existé. Contrairement à nous, aujourd’hui, étant donné l’individualisme, le profit à n’importe quel prix et le matérialisme qui l’emportent sur les forces de l’esprit. Les bases de ce que l’on appelait autrefois la Morale et que l’on appelle aujourd’hui l’éthique sont constamment remises en cause.

 

Dans un de ses discours, Madame Simone Veil a dit : « Il faut pardonner, mais, ne jamais oublier. ». C’est à nous aujourd’hui, de continuer à maintenir le souvenir afin que toutes ces cruautés ne se reproduisent nulle part ailleurs. « (…) Une ère meilleure succèdera sans doute à cette horrible guerre et les hommes conscients de leurs devoirs et animés d’un désir de paix devront établir un ordre nouveau afin de ne jamais connaître ces mauvaises heures que vivent les hommes du monde entier en ce moment. Espérons qu’à cet épouvantable cataclysme succèdera le rayon de soleil éternel. (…) » Ces derniers mots écrits par Paul Bernard avant d’être fusillé sur ces lieux, nous livrent ses dernières pensées pour les générations futures. C’est ce qui nous incite à perpétuer ce devoir de mémoire et qui nous donne la force de combattre pour maintenir la Paix et la Liberté.


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